Duel politique au sommet du royaume-uni 2/2

Malgré la légende britannique de l’unanimité “tous derrière Churchill pour combattre les nazis,” dès le 10 mai 1940 , date de sa nomination comme premier ministre de transition, le débat entre les appeasers et le « belliciste » Churchill se poursuit jusqu’en décembre 1940.

En privé Churchill s’est inquiété de la montée du nazisme dès 1930. À partir de novembre 1932, il fait passer dans de grands discours publics cette inquiétude avant celle que lui procurait le communisme soviétique. Il a défendu cette position pendant toute la décennie des années 30, à sa manière, à la fois fonceuse et nuancée. Churchill était capable de louer certaines qualités chez Hitler, sans jamais baisser la garde et sans jamais cesser d’exiger qu’il renonce à ses objectifs. Les dirigeants du parti conservateur faisaient à peu près l’inverse. Ils ne disaient pas de bien de Hitler, mais ils ne montraient pas la moindre fermeté envers lui. C’est pourquoi Winston n’était pas revenu au gouvernement de toutes les années 1930, malgré les triomphes électoraux de son parti.
Il ne faudrait pas croire que l’agression du 1er septembre 1939 contre la Pologne ait dissipé chez les appeasers britanniques toute indulgence envers l’Allemagne. Leur déclaration de guerre peut au contraire s’interpréter comme une manière de « montrer les limites » à un enfant indocile… ce que Neville Chamberlain croyait bien avoir déjà fait au moment des accords de Munich le 30 septembre 1938. Le 1er septembre 1939, peu avant la déclaration de guerre britannique à l’Allemagne, Churchill entre au gouvernement dans une position subalterne au poste de ministre de la Marine. Toutefois, il est membre du cabinet de guerre… aux côtés de sept appeasers non repentis. Cela est une réponse de Chamberlain à Hitler. Le chancelier nazi avait fait savoir qu’il serait très fâché de l’entrée de Churchill au gouvernement. Pour Chamberlain c’était l’occasion d’adresser un signe à Hitler et une façon de lui montrer très fermement… que le gouvernement de Sa Majesté était lui-même très fâché.

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