Par Guy Stavridès

La renommée de Jean-Étienne-Marie Portalis s’est un peu estompée avec le temps. La publication par Jean Musso et Patrick Penel des actes d’un colloque répare cette injustice et nous rappelle que l’œuvre de ce juriste d’exception est toujours d’actualité. Son éminent biographe, Joël-Benoît d’Onorio retrace avec brio les grandes étapes de sa vie. Portalis est né le 1er avril 1746 au Beausset, un village situé à quelques kilomètres de Toulon. Son père, notaire au Beausset et professeur de droit canon à l’université d’Aix-en-Provence, eût onze enfants. Jean-Étienne-Marie était l’aîné. Élève brillant, d’abord à l’Oratoire de Toulon, puis à celui de Marseille, il entame des études de droit en 1762 à Aix. L’année suivante, il publie une critique incisive de la pédagogie de Jean-Jacques Rousseau (Observation sur un ouvrage intitulé Émile ou de l’éducation), suivie d’une attaque en règle de certains travers de la société (Des préjugés). Le 15 juin 1765, il obtient sa licence de droit et s’inscrit au barreau d’Aix. Cette année-là, il publie un nouvel essai (Principe sur la distinction des deux puissances spirituelle et temporelle) fixant les limites de l’autorité de l’Église et de celle de l’État. Remarquable orateur, cet avocat entre rapidement dans la légende en enchaînant les succès, dont certains remportés au détriment de redoutables adversaires tels que Beaumarchais ou Mirabeau.
La Révolution, cependant, perturbe ce royaliste catholique. En mars 1789, un groupe de paysans exige la suppression du piquet, un impôt sur les farines, et impose la présence de dix d’entre eux au conseil

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