240 pages – 18 € Editions l’Archipel

Paris, 4 mai 1897 : ce devait être une fête dans la haute société. Mais une allumette craquée trop près d’un bidon d’éther eut des conséquences effroyables. En vingt minutes, la fine fleur de la haute société grillait dans l’embrasement d’un village de toile goudronnée ; quant aux survivants, accusés d’avoir piétiné les corps et de s’être frayé un chemin à coups de canne, leur prestige en sortit durablement entamé, faisant écrire à Léon Bloy : “Un grand nombre de belles dames ont été carbonisées hier soir en moins d’une demi-heure. […] Voilà un commencement de justice. Cemot de bazar accolé à celui de charité ! Le nom terrible et brûlant de Dieu réduit à la condition de génitif de cet ignoble vocable !”

« Avant la fête » : photographie des décors – non ignifugés – à la veille de la catastrophe. (L’Illustration, 8 mai 1897 / coll. B. Fuligni)

Fait divers ou châtiment divin, par l’action du feu purificateur, toutes les hypocrisies de la Belle Epoque partirent ce jour-là en fumée : la France changeait d’ère, une simple vente de charité ayant tourné en révolution involontaire.

« Fut-il jamais catastrophe plus horrifiante ? s’interroge le supplément illustré du Petit Journal, le 16 mai 1897. Toutes ces femmes, ces jeunes filles, ces enfants même, pour la plupart titrées, riches, heureuses, réunies là pour faire la charité et qui meurent tout à coup dans de plus atroces souffrances que les victimes du barbare Moyen Âge ! » (coll. B. Fuligni)

Bruno Fuligni qui a eu accès aux archives des pompiers de Paris, reconstitue le sinistre et ses multiples prolongements, policiers, politiques et diplomatiques.

Inspirée par cette tragédie, la série coproduite par TF1 et Netflix qui paraît simultanément à l’ouvrage raconte trois destins changés par cette catastrophe.

« Partie droite du terrain où se trouvait le principal amoncellement de cadavres. » (L’Illustration, 8 mai 1897 / coll. B. Fuligni)
Bazar Faire-part de deuil (c) Coll B. Fulini

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