A la différence du cinéma d’Hollywood, les films tournés sur la Seconde Guerre mondiale dans les pays vaincus (Italie, Allemagne, Japon) sont méconnus. Pourtant, davantage que la période historique qu’ils décrivent, leur étude fournit des enseignements précieux sur l’époque à laquelle ils ont été tournés.
L’étude du cinéma italien, allemand et japonais révèle des constantes. Avant même l’arrivée au pouvoir de ces régimes totalitaires, des films prônant le patriotisme ou le militarisme étaient déjà produits dans ces pays. Pendant la guerre, l’industrie cinématographique a été utilisée, avec plus ou moins d’insistance, comme outil de propagande. Puis, après la défaite, des films ont exalté la résistance (Allemagne et Italie) ou la paix (Japon), invitant le public à faire son examen de conscience.Seul le Japon, depuis peu, exalte la bravoure de l’Armée impériale pendant les combats de la guerre du Pacifique.
L’Italie : de l’éloge de la résistance à la dénonciation du fascisme.

C ’est en Italie qu’est née l’industrie cinématographique, avant les États-Unis ou la France. La première grande production italienne, La prise de Rome, en 1905, de Filoteo Alberini, célèbre les évènements de 1870 et la naissance de la nation. Les films historiques prônent ainsi l’identité nationale à travers des personnages célèbres (Spartacus, Jules César…) Avant même l’avènement du fascisme, de nombreux films italiens préparent l’idée de créer en Afrique un empire colonial (Le Cid de Mario Caserini en 1910, Le Siège de Burgos de Giuseppe de Liguoro en 1911…). Encouragé par le succès commercial de La chute de Troie en 1911, Giovanni Pastrone réalise Cabiria en 1914, avec l’aide du célèbre poète nationaliste Gabriele D’Annunzio. Après la marche sur Rome (28 octobre 1922), comme toutes les dictatures de la première moitié du XXe siècle, le fascisme fait du cinéma une pièce maîtresse de sa propagande1. Parmi les principaux films de propagande, on peut citer Camicia nera (1933) de Giovacchino Forzano, Vecchia guardia (1934) d’Alessandro Blasetti, L’escadron blanc (1936) d’Augusto Genina, Condottieri (1937) de Luis Trenker et Luciano Serra pilota (1938) de Goffredo Alessandrini. À partir de 1940 sont tournés de nombreux films de guerre par de grands réalisateurs italiens2. Deux films sortis en 1942 décrivent bien sûr la campagne de Lybie : Giarabub de Goffredo Alessandrini et Bengasi d’Augusto Genina. D’autres films de guerre italiens réussis exaltent la guerre sous-marine : S.O.S. 103 (Francesco De Robertis, 1941) et Alpha Tau ! (Francesco De Robertis, 1942). Certains font l’éloge des « amis » allemands (Odessa in Flames, Carmine Gallone, 1942) et espagnols (Les Cadets de l’Alcazar, Augusto Genina, 1940). Brillant réalisateur italien, Roberto Rossellini débute sa carrière pendant la Seconde Guerre mondiale. Ami de Vittorio Mussolini, fils du Duce, il tourne alors une « trilogie fasciste » (Le navire blanc en 1941, Un pilote revient en 1942, L’homme à la croix en 1943) .

Après la chute du régime fasciste, il n’y a pas de véritable épuration dans le monde du cinéma. Les cinéastes se mettent alors à défendre l’idéal démocratique. L’Italie produit de nombreux films sur la Seconde Guerre mondiale, mais très peu de films de guerre. Les rares films de guerre italiens ne sont pas restés dans les … (pour lire la suite, abonnez-vous. 0 € le premier mois puis 3,50 €/mois Magazine papier- web- version numérique )

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