Le traitement du soldat comme un citoyen sous la Révolution ne doit pas alimenter la projection d’une essence violente ou non violente, car le sujet des violences de guerre est un art combinatoire engageant une grande diversité de facteurs physiques et moraux, objectifs et relatifs. Cet art combinatoire doit aussi intégrer des caractères politiques, sociaux et militaires alimentés par la notion de soldat citoyen. En supplément du traitement de la grande diversité de ces facteurs, leur combinaison peut révéler certaines tendances générales ne possédant pas de valeur essentialiste. Notamment, sous la Révolution, il y eut une tendance générale de réduction de violences physiques et morales de la guerre liée au traitement du soldat comme un citoyen possédant donc des droits incluant celui de la guerre.
À propos de l’auteur
Hervé Drévillon
Professeur d'histoire à l'université Paris-I, directeur de l'Institut des Études sur la Guerre et la Paix et directeur de la recherche au Service Historique de la Défense, Hervé Drévillon a dirigé, avec Olivier Wieviorka, la monumentale Histoire militaire de la France
(2 vol.). Il est par ailleurs l'auteur de L’Impôt du sang, de Batailles. Scènes de la guerre de la Table ronde aux tranchées et de L'Individu et la Guerre, du chevalier Bayard au soldat inconnu.