Le renseignement militaire sous le Premier Empire
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Le renseignement militaire sous le Premier Empire

par | Consulat et premier Empire, Histoire du Renseignement, N°17 Histoire Magazine

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Article d'Histoire Magazine N°17
L’un des impératifs de toute opération armée consiste à acquérir du renseignement afin de dissiper autant que faire se peut le « brouillard de la guerre », c’est-à-dire le champ des probables, et d’accroître la rationalité des raisonnements et des choix. Les formes prises par cette recherche demeurent cependant tributaires du niveau technologique détenu, de la culture militaire dominante et de la posture (paix ou guerre) dans laquelle l’on est placé.

L’ère napoléonienne s’inscrit dans un monde préindustriel, où la modestie des moyens de communication entraîne cloisonnement de l’espace et lenteur des flux, où la mesure de la distance est à l’aune du cavalier, où les seuils techniques réduisent la collecte aux seuls capteurs humains. Dès lors, comment le renseignement militaire est-il géré sous l’Empire en paix et en guerre et quelles sont les limites des pratiques observées ?

Adepte du pouvoir personnel, Napoléon gouverne seul, entouré d’un petit nombre de collaborateurs directs. Vient en premier lieu le Cabinet, théoriquement deux conseillers d’État qui rédigent lettres, instructions et décrets sous sa dictée : Méneval de 1802 à 1813, accompagné de Fain à partir de 1806. Mounier, aux talents de polyglotte, les épaule à partir de 1809. Puis Deponthon, ancien officier d’ordonnance de l’Empereur, les rejoint en 1812. En arrière-plan, mais ne participant pas directement aux séances de travail, œuvrent encore un « commis-archiviste » et six interprètes chargés de traduire gazettes et documents étrangers.
Le souverain s’appuie parallèlement sur de grands collaborateurs qui lui adressent notes ou rapports et assurent en retour l’exécution de ses ordres. Ce sont d’abord les ministres, dépourvus de tout pouvoir politique et considérés essentiellement comme les chefs de leur administration. Un second groupe est composé des aides de camp de l’Empereur, en l’occurrence une douzaine de généraux de toute confiance auxquels s’ajoutent autant d’officiers d’ordonnance, jeunes capitaines de grand avenir.

Outre son propre réseau d’agents, Napoléon dispose d’informations issues de canaux divers. Le renseignement intérieur, évoqué ici pour mémoire, provient du ministère de la Police générale, dirigé par Fouché puis par Savary. La « Division de la sécurité publique », à la fois police secrète et service de contre-espionnage, surveille sur le du territoire national les agents adverses, tandis que les rapports du préfet de police de Paris, des préfets des départements et de la gendarmerie permettent de cerner l’opinion publique. De son côté, la Direction générale des Postes, confiée à Lavalette — neveu par alliance de l’Empereur —, abrite un bureau chargé de rendre lisibles les encres sympathiques et, surtout, de « casser » les codes adverses. S’y ajoute le « cabinet noir », qui ouvre très discrètement la correspondance des diplomates comme celle des suspects faisant l’objet d’une mesure de surveillance, au même titre que, de nos jours, l’on pratiquerait des écoutes téléphoniques.

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Jean-François Brun  est Maître de conférences HDR à l’université de Saint-Étienne, spécialiste d’histoire militaire. Colonel de réserve et auditeur de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale, il a occupé durant plusieurs années les fonctions d’officier de renseignement en défense territoriale et dans un régiment du corps de bataille, avant de servir au sein de la DPSD.

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